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Inauguration de la C.A.A.P
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Mardi 28 Novembre 2006
GRIMPÉS à l'échelle,
des cadres à bout de bras, les élèves règlent les derniers préparatifs de leur exposition jeudi matin au lycée Gustave-Eiffel de Gagny. L'enjeu n'est pas des moindres puisque leurs créations doivent accueillir des officiels le soir même pour l'inauguration de leur classe préparatoire. Depuis septembre, en effet, ce lycée de Gagny compte dans sa palette de formations une classe d'approfondissement en arts plastiques (Caap). Cette prépa Beaux-Arts n'est autre que la deuxième du genre à ouvrir ses portes dans un lycée public en France. Au menu, trente-quatre heures de cours hebdomadaires dont quatorze d'arts plastiques et trois d'architecture. Son but ? Préparer les étudiants aux concours des écoles d'arts et d'architecture.
La deuxième formation de ce genre en France
Jeudi dernier, dans leur atelier au rangement un peu chaotique, les jeunes cerveaux sont en effervescence. Laureline peaufine un buste avec un pistolet à colle, Juliette habille Coline d'une robe de calque et Mei-Lun achève un immense masque de carton. « Depuis deux mois que je suis ici, j'ai plus produit qu'en trois ans au lycée ! » s'étonne Juliette, de Montreuil. Admise en hypokhâgne, l'étudiante, qui aimerait travailler « dans le design ou l'architecture », a préféré venir à Gagny. « Cela correspond vraiment à ce que j'aime faire, même si les profs nous mettent la pression. Quand je dis que j'étudie à Gagny, dans mon entourage, les gens ouvrent des yeux ronds. Je leur explique que c'est entre Villemomble et Montfermeil ! » sourit-elle. Laureline, comme beaucoup ici, vise une entrée aux Beaux-Arts. « De toute façon, je n'aurais pas eu les moyens de faire une prépa privée », confie-t-elle.
Cette nouvelle formation, encore expérimentale, est en fait la jumelle d'une première classe née il y a douze ans au lycée Pablo-Picasso de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). Cette dernière oscille entre 95 et 100 % de réussite aux concours des écoles d'arts et d'architecture. En cas d'échec ou d'abandon, des accords d'équivalence ont été mis en place avec les universités Paris-VIII à Saint-Denis et Paris-XIII à Villetaneuse. Très prisée des élèves, la Caap a dû essaimer dans le 93. « Pour les deux classes, nous avons reçu cette année 270 candidatures, passé 140 entretiens et finalement retenu 48 élèves », énumère Pierre Gautheron, professeur d'arts plastiques à Eiffel. Jean-Louis Auzan, le proviseur du lycée, a accueilli cette prépa à bras ouverts. « L'art et l'architecture à Paris ne sont pas très accessibles au public de banlieue. C'est loin et cher, une prépa privée peut coûter de 4 000 à 6 000 sans compter la vie sociale qui va avec », souligne le chef d'établissement, qui souligne que sur, les 24 élèves de Gagny, « 5 sont boursiers ». Pour le proviseur, un nouveau défi pointe déjà à l'horizon. Aujourd'hui destinées à des bacheliers des filières générales, la prépa Beaux-Arts devrait prochainement s'ouvrir aux élèves de sections industrielles spécialisées dans le génie civil.
Marjorie Corcier
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